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Entre Chusclan & Pissila

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Association loi 1901 n° W302005489

Siret n° 531.343.648.00014

Bulletin d’Adhésion

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Jeudi 15 Avril :

L’Arrivée à OUAGADOUGOU, ce jeudi 15 Avril, a eu lieu sous un généreux 40°, comme nous l’a annoncé le pilote de notre McDonnell Douglas.

 

Départ de Marseille, avec un peu de retard, pour 8 Membres de l’Association (Brigitte CHARMASSON, Simone MOURIER, Gisèle MOREL, Alain OUVRAY, Chantal et Enzo VALVASORI, Maria et Emilien WALTZ). Arrivée à Ouagadougou à 16 Heures 11.

 

Emmanuel, le Maire de Pissila, nous attendait et les formalités douanières nous ont été simplifiées.

 

2 Voitures (l’une climatisée, l’autre pas) ont été mises à notre disposition et après le chargement des bagages (un peu compliqué, tellement il y en avait : 2 à 3 valises pour chacun – une quarantaine de kilos par personne) nous avons pris la route de Pissila à 17 heures 15 où après plusieurs arrêts (dont un arrêt Flag – la bière locale qui nous est si chère) nous sommes arrivés au CREN vers 20 heures 30.

 

Les Sœurs nous attendaient, et bien entendu, nous avons été très bien accueillis.

 

Après le repas, bien fatigués, nous sommes allés nous installer, et après une bonne douche, nous sommes préparés pour un sommeil réparateur.

 

Quelques unes que je ne nommerai pas ont « soit disant » empêchées les autres de dormir, si bien qu’elles sont allées passer la nuit sur la terrasse des sœurs, à une cinquantaine de mètres du dortoir des filles.

 

 

Vendredi 16 Avril :

Ce vendredi 6 heures du matin, un peu moins chaud, tout le monde est prêt pour attaquer la journée.

 

Après un copieux petit déjeuner, notre chauffeur (voiture climatisée – c’est celle de la Mairie, mise à notre disposition par Emmanuel, le Maire de Pissila) est venu nous chercher pour que nous puissions visiter la Mairie, le Collège, et l’ébauche de la bibliothèque.

 

Nous avions, en fait, rendez-vous avec Emmanuel, le Chef de Touroum (1er Adjoint) et Marc (2ème adjoint), pour une première réunion de travail. Nous avons mis au point notre emploi du temps qui ne sera pas toujours suivi.

 

L’après-midi a été consacrée à monter des lits dans la salle de classe du collège communal, pas encore occupée par les élèves (occupation prévue à la rentrée 2010 par une classe de 5ème) et comme nous étions dans un local près du collège, nous avons fait une distribution de casquettes, calculettes, etc. Il fallait voir la joie et le sourire des enfants des classes de 6ème, devant ces modestes cadeaux.

 

Nous avons tellement bien travaillé cet après midi (oui c’est vrai), que nous sommes en avance sur notre programme (c’est peut-être la seule fois), mais il y a tellement à faire …

 

En fin de journée, visite de la maternité et du CSPS de Pissila, où nous allons déposer des lits envoyés dans le container. Rendez-vous a été pris pour dimanche 8 heures pour aller repeindre la salle où se reposent les Mamans après l’accouchement.

 

Après ces travaux de peinture, nous pourrons distribuer les 4 lits qui remplaceront « les paillasses » existantes.

 

Lors de notre visite, nous avons vu une maman, accouchée depuis quelques heures, qui lavait son bébé, assise par terre sur un carton …

 

18 Heures : Retour chez les Sœurs, pour une douche bien méritée, comme vous pouvez l’imaginer.

 

Il ne faudra jamais oublier qu’il faisait 40° en permanence et que même les Africains souffraient de la chaleur, encore plus les « nordistes » de l’équipe Chusclanaise … Non c’est vrai, car  même ceux du Sud ont beaucoup souffert !!

 

Le repas s’est prolongé par des discussions très animées, jusque tard dans la soirée. Très très bonne soirée !!

 

Toutes les « filles » et les deux enfants, ont décidé de passer la nuit sur la terrasse (il y faisait meilleur que dans le dortoir) et de ce fait, les « non ronfleuses » ont retrouvé « les ronfleuses ». Il faut savoir que personne n’empêchait personne de ronfler !! Quant à Zoulet, il s’est retiré seul dans son dortoir (pour garçons) !

 

 

Samedi 17 Avril :

Réveil 5 heures 45. Il fait chaud, mais heureusement pour nous, il y a un peu de vent. J’ai bien dit : un peu.

 

A 8 Heures, nous partons pour KIEMNA/GOYEA, village de brousse distant d’environ 18 kms, pour nous rendre compte de ce qu’il y aurait lieu de faire à la maternité, avant d’y envoyer 2 lits et 2 lits au CSPS.

 

L’Ami Alain (dit Zoulet aussi), quant à lui va continuer à remonter les lits, avec l’aide de nos deux petits Chusclanais, qui se sont très bien adaptés, et qui se sont fait de nombreux petits copains. Ils étaient tristes à l’idée de revenir en France et leur souhait est de retourner à Pissila.

 

L’après-midi, retour dans les locaux du collège, pour classer le contenu du container envoyé en novembre, visite du champ d’Emmanuel, puis chez le fabricant de la charrette qui sera offerte avec l’âne. Nous l’avons trouvée magnifique et serons heureux de pouvoir l’offrir. Ensuite, direction la maternité de Pissila pour y porter le matériel nécessaire à la peinture du lendemain.

 

 

Dimanche 18 Avril :

Au moment du petit déjeuner pris chez les Sœurs, et qui est toujours un bon moment pour toute notre équipe, (très soudée) Bernard CASSAGNE, notre Président, téléphone pour nous annoncer que contrairement à ce qui était prévu, Violette BOUZON, et lui ne nous rejoindraient pas ce soir comme prévu, car aucun avion ne décollait (pour cause de Volcan, je crois).

 

8 Heures : départ pour la Messe, célébrée par le Père Bruno.

 

10 heures : Nous n’avons pas de chauffeur, et nous partons à pied pour la maternité (il fait déjà très chaud). Là nous attaquons la peinture jusque 13 heures. Retour (toujours à pied) plus que difficile. Nous étions seules dans les rues, et il était temps pour nous d’arriver, sinon nous allions tomber comme des mouches.

 

L’après-midi : grand moment de repos bien mérité, sauf pour deux irréductibles, qui ont pris leur courage, non pas à deux mains, mais à deux pieds et qui sont partis en vélo continuer à monter des lits.

 

18 heures : Visite à la maison des Grands-mères. Séquence d’émotion. Il y a en une qui pour montrer sa joie de nous voir, et nous souhaiter la bienvenue, s’est mise à danser.

 

Comme tous les soirs depuis que nous sommes arrivés, la soirée s’est déroulée dans une super ambiance, en compagnie des sœurs.

 

Le moins agréable était qu’avec nous, il y avait une jolie petite poupée de 13 mois qui avait été confiée aux Religieuses, car la Maman s’était trouvé un ami qui voulait l’emmener en Côte d’Ivoire, mais sans sa fille. Le Papa ne la voulait pas non plus, alors, elle voulait l’abandonner.

Nous avons su par la suite que la Maman avait été mise en prison pour avoir abandonné sa fille, et que la petite fille était avec elle. Quel avenir pour cette petite fille ??

 

 

Lundi 19 Avril :

Ce matin, et comme tous les matins, départ de bonne heure pour travailler.

 

Une équipe « très courageuse » pour faire la peinture à la maternité, de Pissila, et l’autre qui a pris la direction du Collège pour distribuer : cahiers – équerres –stylos et autres objets qui nous ont généreusement été donnés par différentes entreprises. Impossible de vous décrire la joie des enfants, tellement c’était émouvant. Le Directeur, nous a dit que certains enfants n’avaient plus de cahiers pour écrire, et qu’ils travaillaient sur des feuilles volantes.

 

Après le repas : repos du guerrier bien mérité.

 

16 heures : L’Equipe peinture repart pour les finitions et le nettoyage, comme toujours, sous une chaleur torride. Grand coup de chapeau à « ELLES ».

 

Peinture sur toile, et regard sur les femmes qui fabriquaient des pagnes dans la cour des Religieuses pour d’autres.

 

Ce soir, arrivée des deux derniers Membres de l’Association, c’est-à-dire : Bernard et Violette.

 

 

Mardi 20 Avril :

Comme d’habitude, réveil à 5 heures 30, et il fait toujours aussi chaud !!

 

Une équipe prend la direction de KIEMNA pour apporter deux premiers lits à la maternité. Bernard demande à Victoria, l’infirmière, et à Jacqueline, la sage-femme, de faire nettoyer les trois salles pour demain « à l’OMO ».

Pendant ce temps, une autre équipe accompagnait Sœur Jacqueline dans un village de brousse pour assister à une séance d’éducation nutritionnelle à l’attention des Mamans, dans le cadre du P.A.M. (Programme alimentaire mondial). Nous pensions être attendues, mais le message n’était pas passé, et il n’y avait personne. Dommage !

 

Le soir Réunion sur la Place de la Mairie avec Mme le Préfet, et les notables des alentours. Il s’agissait en fait d’informer la population des actions que nous menions à Pissila et de désigner les principaux bénéficiaires du container. Réunion suivie d’un petit buffet.

 

La chaleur est tellement forte que nous n’avons pas très faim et que nous ingurgitons des litres et des litres d’eau.

 

Les nuits sont de plus en plus chaudes, et nous dormons de moins en moins bien. Elles ne sont pas réparatrices, encore moins lorsqu’un drame arrive au CREN.

 

Le bâtiment du CREN est situé près des dortoirs et pas très loin de la maison des religieuses.

 

Vers 23 heures, nous avons été réveillés par un cri de détresse et de désespoir. C’était une Maman qui venait de perdre son premier né âgé de 1 an, et qui avait une méningite. Un tel cri dans la nuit vous empêche de vous rendormir, et vous n’êtes pas prêt de l’oublier de sitôt.

 

Le lendemain les Sœurs nous ont dit que la Maman était repartie, seule, dans la brousse, dès le lever du jour, avec son bébé dans le dos !!!

 

 

Mercredi 21 Avril :

Toujours direction KIEMNA. Peinture et toujours peinture pour les unes, et distribution des fournitures scolaires pour les autres.

 

Comme à PISSILA, à KIEMNA (école primaire de 3 classes) les fournitures scolaires ont été bien appréciées comme vous pouvez l’imaginer. Le directeur de cette école de trois classes a été heureux de rencontrer une collègue et il s’est longuement entretenu avec elle. Ils doivent se revoir demain matin.

 

Un habitant, Issa, puis Jacqueline, la sage-femme, puis une autre femme en pagne, puis deux hommes, puis … viennent nous aider à peindre leur salle de maternité ! Moment merveilleux quand une vieille dame prend un pinceau et l’écrase contre le mur car c’est la première fois qu’elle peint ! Les habitants du village étaient plus nombreux que nous dans cette pièce ! C’est ce qu’il faut ! Une fois la salle principale peinte, la veille femme veut commencer l’autre tout de suite ! Allons-y ! Les habitants heureux et reconnaissants de ce que nous faisons pour eux ont tenu à garder « les peintres » pour déjeuner.

 

Une équipe est allée accompagner Sœur Jacqueline à WENDBOULGOU (Pays des Dieux). Elle a été accueillie par les responsables de toutes les religions.

 

Dans ce village a été érigée une chapelle, grâce à la cotisation de chacun. Chaque Chrétien a payé une tôle (4250 Francs CFA soit 6 Euros 37). Avec 20.000 Francs CFA (30 Euros) qui leur ont été remis par l’Association E.C.P lors d’un précédent voyage une dalle en béton, pour supporter l’autel, a été coulée.

 

Il parait qu’à cet endroit, il y aurait de l’eau à 33 mètres, et ils voudraient monter un projet de forage…

 

Les femmes doivent faire 15 kms pour aller moudre le mil pour 1 ou 2 repas !!!

 

Les habitants ont tenu à offrir : un mouton, deux poulets, une pintade. Le geste a été d’autant plus apprécié qu’ils ont beaucoup de mal pour se nourrir et ne mangent pas tous les jours … Grand   geste de générosité !

 

Le soir, nous étions invités à la Mission des Pères de Pissila, et nous avons été « royalement » accueillis.

 

Il y avait de très très nombreuses bouteilles d’eau très très fraiches qui n’ont pas eu le temps de rechauffer. Bien entendu, il y avait aussi de la Flag.

 

 

Jeudi 22 Avril :

Comme tous les jours, debout de bonne heure, (et de bonne humeur) et départ pour Kiemna.

 

Finition des trois pièces repeintes (toujours avec l’aide des habitants).

 

L’instituteur de KIEMNA est venu, comme convenu, rencontrer l’institutrice de CHUSCLAN à PISSILA, Ils ont passé deux heures ensemble et ont bien discuté sur la pédagogie pratiquée en France et au Burkina Faso et sur ce qui pourrait être fait concernant les parrainages et leurs besoins (Ils n’ont, par exemple, pas de latrines à l’école).

 

Pendant ce temps, un autre groupe prenait des renseignements concernant les naissances et les besoins de cette maternité de brousse (environ 30 naissances par mois). Là aussi très très bonne collaboration avec les responsables, et acteurs de terrain.

 

Nous avons décidé de commencer la distribution des kits layette dans cette maternité à savoir

 

-          Une pièce de layette et un savon pour un premier né

-          Uniquement un savon pour les autres enfants.

 

Nous avons pu recueillir de nombreuses informations pour avancer dans ce projet de kit Layette. En effet, Victoria, nous a dit que des serviettes assez grandes, genre « sorties de bains » pourraient faire partie des kits layette. Elles serviraient aux Mamans pour porter leur bébé dans le dos.

 

En effet, actuellement elles se servent de pagnes (qui sont assez chers) et pas très solides.

 

Depuis notre retour, nous avons eu des nouvelles de Victoria qui nous indique que depuis le 22 Avril, 5 Mamans ont déjà bénéficié du Kit 1er enfant, et que 13 autres Mamans ont eu droit à un savon. Qu’elles inscrivent même les enfants à l’état civil avant de sortir de la maternité pour pouvoir bénéficier du  kit layette …

 

Victoria nous a aussi fait savoir que des Mamans venaient accoucher sur KIEMNA depuis des villages assez éloignés, car elles ont appris qu’il y avait des cadeaux….

 

Nous en déduirons que le tamtam à bien fonctionné et que nous sommes sur la bonne voie.

 

Aujourd’hui, l’harmattan, ce vent chaud, sec et poussiéreux, en provenance du Sahara, a soufflé toute la journée. Chargé de particules de poussières et de sable, et il ne nous laissait pas beaucoup de visibilité.

 

La nuit, nous avons eu comme une mini-tempête. Cela claquait de partout, et nous nous demandions si notre toit n’allait pas s’envoler. Bien entendu, personne n’a dormi sur la terrasse.

 

 

Vendredi 23 Avril :

C’est le départ puisque nous prenons l’avion samedi matin de bonne heure 

 

Une équipe part pour Kaya, présenter ses condoléances à l’Archevêque de Ouagadougou, Philippe, bien connu de certains Chusclanais, dont la Maman vient de décéder et pour laquelle le Père Albert avait une profonde amitié.

 

Une autre équipe prend la direction de la Mairie de Pissila pour la remise de l’âne et la charrette aux femmes du Groupement Féminin, qui comme vous pouvez l’imaginer, étaient RAVIES !!

 

Avant cette remise, l’artiste de l’équipe, avait peint sur la charrette, le logo de l’Association Entre Chusclan et Pissila, et avait inscrit « Entre Chusclan et Pissila ».

 

Tout le monde se retrouve à KAYA, où après avoir (vers 10 heures du matin) mangé une délicieuse omelette, prend la route de Ouagadougou, où nous arrivons vers 12 heures 30.

 

Nous nous installons à la Mission, et après nous mettons en quête de trouver de quoi manger.

 

Vers 16 heures direction le marché artisanal pour faire quelques emplettes, et retour à la mission.

 

Certains ressortiront le soir prendre une collation, et d’autres préféreront se reposer. La fatigue commence à se faire sentir.

 

 

Samedi 25 Avril :

Tout le monde se retrouve à 6 heures et dès le chargement des bagages effectué, nous prenons la route de l’aéroport.

 

Il fait déjà très très chaud, et il y a beaucoup beaucoup de monde. En plus, et comble de malchance, la connexion internet ne se fait pas. Donc l’enregistrement des bagages prend plus de 2 heures …

 

A l’origine, nous devions décoller à 9 heures. Puis nous avons été prévenus que le vol serait avancé à 8 heures 30…

 

En réalité, nous avons décollé à 11 heures 30, car même si à 10 heures 30 les bagages étaient tous enregistrés, l’avion n’était pas arrivé !!!

 

Le voyage s’est merveilleusement bien passé et nous sommes arrivés à Marseille vers 18 heures.

 

VOILA, vous savez tout ou presque tout de notre séjour « avril 2010 » à PISSILA.

 

Si l’on y réfléchit bien, ces contres-temps, retards, et autres, sont sans importance, par rapport à ce tout ce que nous avons pu constater pendant notre séjour au Burkina Faso et plus spécialement à Pissila et Kiemna où la misère est incommensurable.

 

 

TOUT MANQUE, TOUT EST A FAIRE …

 

Nous savons pertinemment que ce que nous allons faire ne représente qu’un grain de sable dans le désert, mais au moins, faisons le.

 

Ne restons pas insensibles devant tant de misère …

 

ALORS, ENSEMBLE, RETROUSSONS LES MANCHES et FONÇONS !!

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